Pédagogie

L’HISTOIRE DE L’ÉCOLE

En 1975, Madame Josiane KERN, toujours présente et engagée à nos côtés, crée L’Ecole Moderne à Genève. Passionnée par un enseignement différent et directement influencé par ses années de collaboration avec Célestin Freinet, elle implante dans le quartier des Eaux-Vives, près du Parc de la Grange, cette école nouvelle dans ses pratiques pédagogiques.

Depuis 1994, année de retraite de notre fondatrice, le fonctionnement de l’école repose sur une équipe pédagogique collaborante, participative et réflexive. Les enseignants se perfectionnent par le suivi de formations continues, l’analyse des pratiques pédagogiques et la réflexion autour de l’éducation et l’instruction dans une société actuelle.

L’Ecole Moderne dans la presse

L’Ecole Moderne ouvre ses portes pour ses 40 ans – Tribune de Genève 2016

Anne Dibidino à l'Ecole Moderne par la Tribune de Genève - Image DR

 

Célestin Freinet

PÉDAGOGIE ET TECHNIQUES FREINET

La pédagogie Freinet est une pédagogie originale, mise au point par Célestin Freinet (1896-1966).

Elle est fondée sur l’expression libre des enfants: production de textes libres, dessins libres, correspondance scolaire, journal scolaire, individualisation du travail etc… Elle se perpétue de nos jours et est pratiquée par des enseignants de par le monde.

Célestin Freinet pensait avant tout en termes d’organisation du travail et de coopération. Il insistait également sur la nécessité d’insertion de l’école dans la vie locale.

Cependant, Freinet ne s’est pas contenté de rattacher l’activité des élèves à la responsabilité et à la production intégrale d’un journal, impression comprise: il a théorisé également le «tâtonnement expérimental» qui consiste à laisser les enfants émettent leurs propres hypothèses et faire leurs propres découvertes.

L’EXPRESSION LIBRE À L’ÉCOLE

La première innovation de Freinet est le texte libre. Il est rédigé par l’élève individuellement ou collectivement avant d’être choisi par la classe pour être imprimé. Il est exploité grammaticalement et analysé du point de vue des objectifs d’apprentissages relatifs au plan d’étude romand pour chaque degré.

Lors des lieux de parole, tel que le quoi de neuf, l’enfant apporte et soumet à ses pairs ses intérêts. Les questions et les problématiques dégagées par le groupe classe donnent lieu à des travaux de recherches documentaires et à la création d’outils de travail.

TÂTONNEMENT EXPÉRIMENTAL

Selon Célestin Freinet, l’enfant apprend par tâtonnement expérimental: «Il s’agit de laisser les enfants émettre leurs propres hypothèses, faire leurs propres découvertes, éventuellement constater et admettre leurs échecs mais aussi parvenir à de belles réussites dont ils peuvent se sentir les vrais auteurs. Les résultats? Une motivation très forte, une implication immédiate de chaque enfant, qui acquiert ainsi confiance en lui et en ses possibilités de progresser par lui-même. L’intérêt réside aussi dans le fait qu’il est inutile d’apprendre par cœur quelque chose que l’on a découvert par le tâtonnement expérimental; on s’en souvient sans effort. […] »

EN RÉSUMÉ, NOUS VALORISONS L’EXPRESSION LIBRE ORALE, ÉCRITE, ARTISTIQUE DE CHAQUE ÉLÈVE:

L’enfant est un être chargé de potentialités, c’est-à-dire qu’il a des possibilités d’action, d’acquisition et de création. Grâce à la pédagogie Freinet, ce potentiel est mobilisé à des fins éducatives pour motiver, organiser, réaliser le travail scolaire qui doit permettre le développement de la personnalité de l’élève.

L’enfant acteur de ses propres apprentissages transforme, par ses expériences et par ses filtres personnels, ses représentations du monde et ses structures cognitives.

Fernand Oury

LA PÉDAGOGIE INSTITUTIONNELLE

En complément aux techniques Freinet, l’École Moderne pratique la pédagogie Institutionnelle.

La pédagogie Institutionnelle élaborée par Fernand Oury (1920-1998) fixe et fait respecter des règles de vie, en impliquant les élèves dans le quotidien de sa classe et de l’école.

La vie scolaire fait l’objet d’une gestion participative par le biais d’un « conseil » qui se réunit régulièrement. Ce lieu de parole régule la vie de la classe et de l’école, organise le travail et permet à chacun de proposer, féliciter, informer et régler les conflits.

Les élèves sont évalués par des ceintures de couleur (inspirées du Judo) représentant un niveau de compétence. Elles permettent aux enfants d’évaluer leur réussite dans les domaines tels que les compétences scolaires et le comportement.

La monnaie interne est une monnaie symbolique dont la validité se limite à l’école. Les élèves sont payés en effectuant leur métier d’écolier mais peuvent également payer des amendes si il y a transgression des règles de vie communes, préalablement élaborées et adoptées par la majorité des élèves lors du conseil.

Cette monnaie n’a de sens pour l’élève que si elle peut-être utilisée, c’est pourquoi, un petit marché est organisé au sein de l’école. Celui-ci est un moment ou chacun peut échanger sa monnaie contre des petits objets, des livres, des fournitures scolaires ou des objets fabriqués à l’école.

Grâce à ses institutions, l’élève peut devenir un acteur et auteur responsable de ses apprentissages.